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Il y a marcher les cheveux au vent, la tête dans les nuages

Il y a l’atelier perché
Il y a marcher les cheveux au vent, la tête dans les nuages
Il y a ne penser à rien
Il y a vagabonder face à l’océan
Il y a cette plage du Finistère avec un début et une fin, bien différente des landaises infinies.
Il y a à gauche, un hameau, maisons blanches et toits en ardoise, derrière le cordon dunaire, à droite la pointe de la Torche.
Il y a se diriger vers l’océan, saisie par la fraîcheur.
Il y a fermer les yeux, se rapprocher de l’océan, fouler le sable mouillé. Sentir le sac et le ressac.
Il y a ouvrir les yeux, pianoter sur le clavier du téléphone en avançant, le texte s’écrit tout seul, suffit de marcher.
Il y a le corps fouetté par le vent.

Au loin, il y a Douarnenez, il y a se souvenir de l’année quatre-vingt dix-sept, le festival de cinéma des peuples autochtones, trois mois d’engagement. Il y avait le temps d’avant, le temps de la militance active, d’avant le découragement, avant l’écriture, les nuages, les algues sous les pieds, les coquillages, le sable sec et mouillé.

Il y a photographier quelques bouts de ciels pour plus tard écrire
Il y a s’allonger sur le sable et glaner ici un petit cumulus solitaire, là une nuée de stratocumulus, à l’horizon un banc de nuages gris qui donne à la mer un reflet bleu-nuit
Il y a ressentir l’immensité du ciel.
Particulièrement là, particulièrement sur cette plage
Il y a un ciel qui donne de la force à ce paysage, le cadre
Il y a marcher, virer, tourner en rond
Il y a oublier le monde, la presse, Gaza, l’Iran, l’Ukraine
Il y a oublier la canicule
Il y a à nouveau ressentir le plaisir de la pluie sur la peau

Oui ces moments magiques paraissent quelques jours plus tard irréels. Oui se souvenir, comme une parenthèse de la réalité. Oui au-delà, des vagabondages, sur la plage, de l’écriture automatique, il y avait un paysage d’une telle force.
Oui affirmer la force de ce paysage. Oui un paysage fruit du temps géologique, de l’action des éléments, du vent, de la pluie, des marées, et de l’action des femmes et des hommes biens ancrés et engagés dans leur petit bout de pays.

2 thoughts on “Il y a marcher les cheveux au vent, la tête dans les nuages”

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