Blog Nuage

Carnet nuages – septembre 2025

[Carnet nuages – Jour 16]

Mahmoud Darwich – Mirage

.. le mirage est le livre du voyageur
dans les déserts…
Sans lui, sans le mirage, pas de marche
en quête de l’eau. C’est un nuage, dit-il,
portant d’une main la cruche de ses espoirs
et pressant de l’autre sa hanche.
Et ses pas martèlent le sable
pour rassembler les nuages dans un trou.
Et le mirage l’appelle, le séduit,
le trompe puis le porte haut :
Lis, si tu parviens à lire.
Ecris, si tu parviens à écrire

Il lit : Eau et eau et eau,
et il trace une phrase sur le sable :
N’était le mirage,
je ne serais pas vivant à ce jour.

L’espoir est par chance du voyageur,
le jumeau du désespoir
ou sa poésie improvisée.
Si le ciel est gris,
que je vois une rose pointer soudain
des fissures d’un mur,
je ne dis pas : Le ciel est gris,
mais je fixe longuement la rose
et je dis : Quel jour que ce jour !

Mahmoud Darwich – Mirage

[Carnet nuages – jour 15]

Depuis le train, le glanage de nuage, c’est possible aussi. Parfois c’est un peu trouble, on voit des reflets ou un obstacle apparaît. C’était lundi 15 septembre depuis le train vers Limoges.

[Carnet nuages – jour 14 – 16/09/25]

Encore toujours partout glaner les nuages. Dans la Vallée des peintres en Creuse. Sur les toiles du musée Lépinat à Crozant ou dans le ciel surplombant la Creuse et les paysages qui n’ont pas dû beaucoup bouger depuis que les artistes allaient peindre sur le motif à la fin du XIXe siècle.

[(Au XIXè siècle et jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale, la Vallée de la Creuse attire de nombreux peintres qui trouvent sur place des paysages aux proportions idéales. Les impressionnistes aussi font le voyage jusqu’à Crozant. Ainsi naît l’Ecole de Crozant qui tombera injustement dans l’oubli… lu sur le site du musée, centre d’interprétation)]

Photo 1 – Henri Coulon – Les ruines de Crozant
Photo 2 – Ernest Hareux (1847 – 1909) – Le moulin Brigant
Photo 3 – Clémentine Ballot (1879 – 1964) – vallée de la Sédelle et moulin de la folie – 1917
Photo 4 – Henri Jamet (1858 – 1940) – Paysage de Creuse
Photo 5 – Charles Hallé (1867-1924) – Les ruines de Crozant – c1900

[Carnet nuages – jour 13 – 15/09/2025]
Après les nuages basques, landais, bordelais, quelques limousins

J’écris les livres que j’peux, dit Olivia Rosenthal dans un podcast du Book Club.

J’écris les ciels que j’peux. Ecrire, photographier. Impossible ce matin, sur l’autoroute, pas de copilote. Je m’arrête, mauvais cadrage, soleil levant, trouve pas les mots, un lever de soleil caché par un bouquet d’arbres. Avance sur le parking. Jouent à cache-cache le soleil, les nuages et le bosquet. Photo à la volée. Reprends la route. Pied de nez du lever de soleil, à nouveau majestueux, grandiose dans le ciel immense. Plus de bosquet pour le cacher, tenter de garder en mémoire ce minuscule instant de bonheur. Tant de beauté. Harmonie de gris colorés, des ors et jaunes pâles, harmonie des ciels du petit matin.

Les vacances, c’est éphémère, pas le glanage des nuages. Le glanage c’est l’inverse. Si le glanage n’est pas éphémère, je dirai qu’il est, après consultation du dictionnaire en ligne : constant, définitif, durable, éternel, impérissable, indéfectible, indissoluble, permanent, perpétuel, persistant, stable, tenace.

[Sur la route du retour]

Ciel de dernier jour de vacances

Vidéo plage Tarnos

Tou.tes ils et elles partent, quittent l’océan, rejoignent la ville
L’homme au sac à dos, solitaire, marche plein Est au loin la ville
Les traces de pas aussi vers l’Est
L’amie une dernière fois salue l’océan

Même les nuages, discrets, la tête au vent voguent vers la ville
Longue bande de cirrostratus tellement haut dans le ciel à peine visibles
Pas motivés les cirrostratus, avancent lentement entraînés par la brise
Légère la brise, aériens les nuages

Dernier salut à l’océan
S’asseoir sur le sable
Méditer un long moment en observant les vagues partir revenir, la marée descendante
Essayer de ne pas penser à la rentrée, au monde comme il va, ne pas penser à la vie de l’autre côté de la ligne d’horizon, aux États-Unis de Trump

Pour chasser ces pensées, reprendre la marche, l’écriture automatique
Allez rejoindre l’amie devenue petit point noir à l’horizon
Se dire que jamais on ne se lassera de cette vue, de l’infinitude de cette plage
Les nuages, l’océan c’est pareil, une même poésie

Fin d’été, fin de journée
Plage déserte et silencieuse, se laisser bercer par le vacarme de l’océan
Marcher à contre courant du vent
S’arrêter, photographier
Sac et ressac de marée descendante, les vagues se brisent avec vigueur sur le sable
Ca clapote, ça sussure, ça vibre, ça apaise
Ca claque, ça fouette les jambes, ça se téléscope, se chevauche
Ca tente d’atteindre le ciel, de se fondre dans les nuages

Sac et ressac, soleil couchant, écume de mer

Dernière tentative, une vague tente de monter vers le ciel, se fondre dans les nuages
Trop basse la vague, trop hauts les nuages
Ne se rencontreront pas, alors l’écume de mer devient nuage, roule sur le sable, se transforme sous l’effet du vent
S’agglomère, grossit, s’effile, devient chemin, se dirige vers l’infini
Petits flocons de mousse, cirrocumulus flocus

Quand tu lis le petit guide des nuages de Richard Hamblyn, et que tu tentes de mettre en pratique.

 » En raison des conditions généralement instable accompagnant leur formation, ces apparitions de petits cirrocumulus à l’aspect cotonneux durent relativement peu de temps et, soit s’amenuisent pour former des voiles de cirrostratus, soit se joignent à d’autre pour couvrir de grands pans de ciel. »

Peut-être que ce matin j’ai vu des cirrocumulus flocus se transformer en cirrocumulus lenticularis !

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